
Ce n’est pas tous les jours qu’un magazine consacré au design fête son 15e anniversaire ! C’est une chance et une richesse à la fois. 15 années d’aventures au cours desquelles le magazine INTÉRIEURS s’est nourri d’un engouement croissant pour le design à travers le monde, et au Canada en particulier. 15 ans qui nous ont permis d’être les témoins privilégiés de l’évolution d’une profession aujourd’hui mieux reconnue, portée par un plus grand nombre de professionnels, de meilleures formations et la faveur grandissante du public.
Il aurait fallu plus d’espace dans ce numéro pour rendre hommage à ces 15 années écoulées, pour en commémorer les moments forts, faire témoigner nos nombreux collaborateurs et évoquer toutes les histoires qui ont fait la vie d’un magazine comme le nôtre. Et puisque nous étions limités à l’épaisseur d’un seul numéro, nous avons choisi de vous offrir le thème du luxe, comme clin d’œil à la richesse de 15 années consacrées au design, mais aussi pour la complexité exprimée dans l’idée du luxe.
Car le luxe est riche de ses nombreuses déclinaisons. Le luxe, c’est le temps qu’on a pour accomplir les choses et aussi la façon de traiter le temps, à l’image des magnifiques montres que nous présentons dans ce numéro. C’est aussi l’attrait de ce qui est beau, ici et ailleurs, comme sait nous le démontrer Meubles Re-No, en évolution depuis 50 ans. Le luxe, c’est aussi le souci du bien-être de chacun, à l’instar du Spa Eastman, qui, sous ses dehors champêtres, nous fait découvrir des trésors insoupçonnés.
Mais comme le passé ne vaut que si l’on en tire des leçons pour l’avenir, nous avons aussi voulu nous tourner vers les 15 prochaines années. Ce numéro s’est donc attaché à vous présenter différents visages de la relève en design pour les années à venir. Rendez-vous dans 15 ans pour en reparler !
Au sein de l’hôpital nouveau, la lumière, la nature et d’autres facteurs essentiels à la guérison du patient participent à la thérapeutique holistique.
Pour concevoir l’hôpital du XXIe siècle, les architectes du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) et du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) s’appuient sur la « médecine factuelle »1 et la « médecine translationnelle »2. Voici des éléments clés de ces projets d’envergure.
L’architecture urbaine du nouveau CHUM3, réalisé par Cannon Design + DCYSA4 en consortium, interpelle. Au cœur du centre-ville, sur une superficie de plus de 300 000 m2, la volumétrie aux lignes nettes présente de nombreuses variations d’échelle et de design, des jeux d’opacité et d’ouvertures. Ceux-ci constituent de puissants repères pour l’usager, facilitant son orientation à l’intérieur et à l’extérieur de l’hôpital. À l’intérieur, une circulation ségrégative permet de séparer « zone public » et « zone patient » en préservant l’intimité et la dignité des patients. La fonctionnalité des soins et la synergie entre chercheurs et personnel médical étant primordiales, les services cliniques sont regroupés et conçus comme des modules flexibles organisés autour du patient, qui n’a pas à se déplacer. « La technologie change tellement vite qu’il faut planifier d’avance un environnement pour quelque chose qui n’existe pas encore », fait observer Elizabeth Rack, de Cannon Design + DCYSA, l’architecte directrice de la planification clinique.
Les espaces publics, les couloirs et les laboratoires sont baignés de lumière naturelle, comme les 772 chambres privées dont le confort a été pensé en fonction du patient, mais aussi de ses visiteurs. Leur design, inspiré de la biophélie5, offre des vues ininterrompues sur le paysage urbain montréalais et sur de jolis toits-jardins méditatifs. En outre, la technologie de pointe procure au patient un sentiment de sécurité et de maîtrise de son environnement.
Figures emblématiques, l’Amphithéâtre et son Esplanade-Jardin expriment l’esprit unificateur du projet et contribuent à faire des lieux « le lien entre le Vieux-Montréal et le Plateau Mont-Royal », selon Andrew King, directeur, design et urbanisme de Cannon Design + DCYSA. La maison Garth, à titre d’élément du patrimoine architectural, a été intégrée à la façade tout en transparence du Carrefour des sciences, devenant artefact. « Le programme d’intégration de l’art dans l’architecture prévoit aussi des espaces destinés à des manifestations culturelles », commente l’architecte Azad Chichmanian, directeur associé de Cannon Design + DCYSA. « L’art devient un vecteur de mémoire collective et de guérison. »
1Des études scientifiques portent, entre autres, sur l’influence de l’environnement hospitalier sur la guérison. En 1984, l’une d’entre elles, du professeur d’architecture Robert S. Ulrich du Center for Health Systems and Design, Texas A&M University, a mené au développement de la théorie de médecine factuelle (medecine-based design).
2La médecine translationnelle dérive d’une évolution du mode de fonctionnement de la recherche médicale ; elle favorise les interactions synergiques entre le personnel médical et les chercheurs, pour le plus grand bien des patients.
3Opérationnel en 2016, le nouveau CHUM regroupe les hôpitaux Saint-Luc, Notre-Dame et Hôtel-Dieu. Il est bordé au nord par le boulevard René-Lévesque, au sud par l’avenue Viger, à l’ouest par la rue Sanguinet et à l’est par la rue Saint-Denis. Outre le bâtiment principal – l’hôpital de 21 étages doté de 39 salles d’opération –, la phase I du projet comprend le Centre ambulatoire et la Tour technique. La phase II, prévue pour 2020, réunit l’Amphithéâtre, l’Esplanade-Jardin, la Bibliothèque, des espaces complémentaires d’activités ambulatoires, ainsi que la Tour à bureaux de 16 étages. Ce projet vise la certification LEED Argent.
4Reconnu parmi les 10 meilleures firmes à travers le monde pour la planification et le design d’établissement de santé, Cannon Design embauche 1 000 employés et possède 17 bureaux dont quatre au Canada et un à Montréal. Plus récemment, la firme a reçu le Canadian Architect Award pour le projet Capilano University Film School, mais elle est plutôt reconne pour son travail sur le projet Richmond Olympic Oval, le site de la compétition de patinage de vitesse de 2010. Quant à la firme d’architecture et de design montréalaise DCYSA, depuis 40 ans, elle œuvre également dans divers secteurs. Récemment, son projet portant sur le siège social de Schlüter-Systems a obtenu le troisième Prix d’excellence de l’Ordre des architectes du Québec, dans la catégorie « Bâtiments industriels de 5 millions de dollars et plus ».
5Théorie qui affirme qu’il existe un lien profond entre l’être humain et d’autres systèmes vivants.
Le Campus Glen1 réunit l’Hôpital de Montréal pour enfants, le Royal Victoria, l’Institut thoracique, un Centre du cancer et l’Institut de recherche du CUSM2, sur une superficie de 220 000 m2. Réalisé par le Groupe immobilier santé McGill en consortium avec les firmes d’architecture IBI Group, HDR Architecture Canada, Yelle Maillé Architectes Associés S.E.N.C. et NFOE et Associés Architectes3, ce projet vise la certification LEED Argent.
La structure de cet ensemble, deux bâtiments distincts abritant les institutions mentionnées ci-dessus, se déploie en éventail, intégrant entre les volumes, des atriums de dimensions variées. Tous ces lieux publics nimbés de lumière naturelle s’ouvrent sur des jardins et des terrasses extérieurs. « Les volumes apaisants, clairs et simples des atriums soutiennent la fonctionnalité complexe de l’ensemble », commente Robert Hamilton, le directeur responsable du développement du Campus Glen. Les patients disposent de leurs propres couloirs et ascenseurs, ce qui préserve leur dignité tout en assurant des soins de santé plus efficaces. Les soins pédiatriques et les soins des adultes sont également séparés, mais présentent de nombreux services contigus. L’Hôpital de Montréal pour enfants possède sa propre entrée, son propre atrium et un système de circulation triple : un premier pour les visites ambulatoires et visiteurs, un second pour les patients hospitalisés et employés et un troisième pour les services de soutien.
À l’intérieur des hôpitaux, le design prévoit, entre autres, des puits de lumière ainsi que l’utilisation de matériaux comme le bois et le verre. Les 500 chambres individuelles de 25 mètres carrés avec fenêtre ont été conçues pour accueillir toutes les formes d’équipement pouvant être nécessaires aux soins, ainsi que les visites des proches.
La proximité entre les soins hospitaliers, la recherche, le développement des technologies et la médecine spécialisée auront des retombées positives sur le personnel, ce qui rehaussera la qualité et l’efficacité des soins. L’art est bien présent sur le Campus Glen4, de même que des commerces, pour desservir la population du campus et le quartier qu’il vient revitaliser. « Nous reconnaissons l’importance d’appuyer la collectivité », souligne Robert Hamilton.
1Le Campus Glen sera opérationnel en 2015. Situé sur un terrain de 17 hectares, il est longé au sud par la rue Saint-Jacques et l’autoroute Ville-Marie, à l’ouest par le boul. Décarie, au nord par le boulevard de Maisonneuve et à l’est par le chemin Glen. L’accessibilité mise aussi sur les transports collectifs, le vélo et le covoiturage. C’est la première fois au Québec qu’un centre de santé regroupe sur un même site un hôpital pour enfants et un hôpital pour adultes. Le bâtiment principal de 10 étages, qui comprend 20 salles d’opération, accueille également les activités cliniques, administratives, d’enseignement et de soutien. Le campus est aussi le futur site de l’Hôpital Shriners pour enfants.
2 L’Institut de recherche du CUSM accueille le Centre de médecine innovatrice et le Centre de biologie translationnelle.
3Quatre firmes d’architecture, dont trois canadiennes et une américaine, sont responsables du projet : IBI Group, un cabinet-conseil multidisciplinaire offrant des services dans les champs de l’aménagement, du bâtiment, des transports et des systèmes ; HDR Architecture Canada, qui intervient dans les domaines de l’ingénierie et de la consultation ; Yelle Maillé Architectes Associés, qui a développé une solide expertise dans les secteurs de la santé, de la recherche et de l’enseignement ; et enfin, NFOE et Associés Architectes, qui détient une vaste expérience dans la conception d’environnements pharmaceutiques, biotechnologiques ou consacrés à la recherche et au développement.
4Le Campus Glen dispose d’un budget de 4, 5 millions de dollars pour l’art dans les espaces publics.
– L’extrait suivant fait suite à l’entretien avec Koen De Winter publié dans la version papier du numéro 55 du magazine INTÉRIEURS, où Koen De Winter raconte son parcours en design jusqu’à son arrivée à Montréal, à la fin des années 1970… –
LD / Comment vous êtes-vous finalement intégré à cette communauté québécoise du design ?
KDW / On m’a invité au conseil d’administration de l’Association des designers industriels du Québec (ADIQ). J’ai été président de l’ADIQ durant quatre ans, et pour la même durée, président de l’association nationale (ACID). J’estimais plus important de travailler sur des projets collectifs, tels que la mise en place de crédits d’impôt en design industriel avec l’ADIQ au Québec, que de simplement contribuer au design québécois à travers ma pratique en développement de produits.
C’est dans le même esprit que je me suis mis à enseigner, même si au départ, j’avais refusé plusieurs propositions. À un certain moment, j’ai même reçu une lettre signée par je ne sais plus combien d’étudiants afin que je propose ma candidature au poste de directeur à l’École de design industriel de l’Université de Montréal (ÉDIN). Finalement, l’École de design de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) m’a proposé d’être chargé de cours pendant un an, après quoi des étudiants ont fait circuler une pétition pour que je devienne professeur. J’ai donc enseigné huit ans à l’UQAM.
LD / C’est ensuite que vous avez travaillé avec de nombreuses entreprises manufacturières, telles Axis et Pélican, en créant un bureau de consultants en design ?
KDW / Ginette Rochon, alors ma collègue à l’UQAM, et moi-même pensions qu’il serait intéressant de créer un bureau de design, mais surtout pas un bureau comme les autres, plutôt un lieu qui permettrait d’offrir à un designer une première expérience professionnelle. D’ailleurs, le seul critère d’embauche était que le designer n’ait aucune expérience. Nous avons appelé ce bureau Hippodesign.
LD / Pourquoi vous êtes-vous, en 2003, éloigné du développement de produits ?
KDW / J’ai cru qu’il fallait faire place à la nouvelle génération, qui incarne une vision différente des choses. C’est ainsi que je suis retourné à mon ancien métier. J’ai fondé l’Atelier Orange, un atelier de céramique. Malheureusement, le 4 avril 2009, nous avons été inondés et tout a été détruit. Encore aujourd’hui, nous recevons fréquemment des demandes de gens qui veulent acheter des produits.
C’était une drôle de sensation de travailler comme artisan, parce qu’il faut voir le produit à travers les yeux du consommateur. Il faut donc toujours s’adapter. Pour certains produits, j’en étais à la cinquième version. Après le désastre causé par l’inondation, je trouvais bête que tout cet apprentissage soit perdu. C’est à ce moment-là que Trudeau m’a sollicité pour distribuer ma ligne. Comme je ne pouvais plus produire, j’ai suggéré que nous réalisions ensemble une ligne de produits qui ne serait pas la même, mais qui tiendrait compte des apprentissages que nous avions faits avec l’Atelier Orange. Au moins, j’ai aujourd’hui la satisfaction que ces connaissances ne soient pas tout à fait perdues.
LD / Après toutes ces années ici avec nous, avez-vous des espoirs quant au développement du design au Québec ?
KDW / Pas de Plan Nord, mais un Plan Sud ! Le jour où le Québec comprendra que les ressources sont la cerise sur le « sundae » et non le « sundae », c’est là que le design va se déployer. Si le design fonctionne si bien en Allemagne et dans les pays scandinaves, c’est parce qu’ils produisent. À l’intérieur du périmètre de la ville de Copenhague, il y a deux grandes usines de porcelaine ; pourquoi ne serait-il pas possible d’en avoir une seule au Québec ?
– Actuellement, Koen De Winter enseigne de nouveau à titre de professeur à l’École de design de l’UQAM. C’est ainsi qu’il continue de partager ses connaissances, avec toute la générosité qui le caractérise.
En déclinant toute la palette du goût, les musées parisiens sont devenus des lieux branchés et gourmands grâce à des restaurants qui déploient esthétisme et modernité. La visite des expositions est facultative !
À Paris, dans les musées, c’est la fin des cantines. Devenus des lieux branchés, recherchés pour les événements de presse, les rendez-vous d’affaires ou les pauses gastronomiques entre amis, les cafés des musées se refont à tour de rôle une beauté. Dernier en date : le Café des hauteurs du musée d’Orsay relooké en univers marin par les designers brésiliens Fernando et Humberto Campana avec chaises à pastilles bleues, sculptures de fil orange entremêlé comme des algues folles et lustres dorés. Le prochain à surveiller, c’est le Café de l’homme du Trocadéro, dont la réouverture est prévue pour 2012. Ce qui ne vous empêche pas, en attendant, de revisiter des cafés plus anciens, mais toujours d’actualité, afin d’y assouvir votre faim.
Tout d’esthétisme et de modernité, Le saut du loup, le restaurant noir et blanc imaginé par Philippe Boisselier pour le musée des Arts décoratifs, se prolonge en terrasse avec vue sur le Jardin des Tuileries. Une ou deux fois par an, une installation particulière de chaises de designers est mise en place sur la terrasse et à l’intérieur. Ce travail s’inscrit dans une politique de collaboration entre les directions du musée et du restaurant ainsi que l’architecte, visant à faire avancer le design.
Au sixième étage du Musée des Arts premiers, quai Branly, sous la rotonde asymétrique tissée de poutres métalliques, Jean Nouvel a planté le décor des Ombres, jouant de la vue sur Paris, des effets de lumière de la tour Eiffel omniprésente, et du clair-obscur rythmant jusqu’aux assiettes en porcelaine blanche et grise qu’il a lui-même dessinées pour accueillir la cuisine cosmopolite de Stéphane Tasset.
Depuis l’Institut du Monde Arabe conçu en 1981, Jean Nouvel poursuit à travers ses réalisations une réflexion liée à l’usage des bâtiments et à leur environnement. Dans le scintillement des lumières et le jeu d’ombres de la tour, le restaurant qui ouvre une vue à 360 degrés sur Paris, s’intègre à cette dynamique.
Dans l’aile du Grand Palais qui a vue sur le pont Alexandre III, on prend l’apéro sur la terrasse du Mini-Palais, rythmée par de majestueuses colonnes, avant de pousser l’imposante porte de bronze qui permet d’accéder à la salle du restaurant que Gilles & Boissier a croqué comme un atelier d’artiste au temps des Modernes. Marbre noir, grands miroirs, plafond aux structures métalliques peintes en «vert réséda» caractéristiques du Grand Palais… En prime, la cuisine délicate du chef triplement étoilé Éric Fréchon.
Le musée d’Orsay, désormais dirigé par Guy Cogeval a fait peau neuve, et Jean-Michel Wilmotte a relooké la Galerie des Impressionnistes, qui n’avait pas été touchée depuis la restauration majeure effectuée il y a 25 ans par Gae Aulenti. Cette fois encore, le restaurant classé du deuxième étage qui borde la Seine a conservé ses lustres, fresques et ors d’époque. Les jeudis soirs, sous le plafond peint par Gabriel Ferrier à la fin du 19e siècle, on savoure le menu dégustation du chef Yann Laudureau, avec possibilité de visiter ensuite les collections du Musée. C’est magique.
Voisin du musée d’Art moderne, contesté dès son ouverture, le Palais de Tokyo, dévolu aux arts contemporains continue de faire jaser. C’est en noir et béton un espace que certains estiment assez déjanté. Au contraire, le Tokyo Eat aménagé par le cabinet d’architectes Stéphane Maupin joue de la couleur, et « donne chair à nos appétits » tous les jours, de midi à 1 heure du matin, avec une carte innovante de Thierry Brassard et une ambiance survoltée, sous les boules sphériques lumineuses et sonores.
La culture, ça donne faim ! Le visiteur de passage dans l’un ou l’autre des principaux musées de la Ville lumière saura où satisfaire son appétit.
Si le design a désormais indéniablement acquis ses lettres de noblesse, bon nombre d’entreprises se font encore tirer l’oreille pour l’intégrer dans la production et la commercialisation de leurs produits et services. Car certains ne sont pas encore convaincus qu’il est rentable d’investir dans le design. Et pourtant…
D’après les derniers chiffres du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, l'industrie du design est la première industrie de la culture au Québec, produisant quelque 1,4 milliard de dollars en services directs. L’importance du design pour façonner et améliorer notre environnement est désormais reconnue par la plupart des intervenants, que ce soit sur le plan économique ou social. Ce constat vaut pour Montréal, notamment Ville UNESCO de design, siège de l'International Design Alliance (IDA) et hôtesse du Salon international du design d'intérieur de Montréal (SIDIM)…
Pourtant, la question se pose : le design est réellement payant pour les entreprises, ainsi que pour les organismes publics ?
C’est ce que Mission Design tente de démontrer depuis sa création, en 2010. Émanant des associations et ordres professionnels du design et de l’aménagement au Québec, ce nouvel organisme s’est en effet donné pour mission de promouvoir et valoriser le design en tant qu’industrie à valeur ajoutée. « Il ne faut pas considérer le design comme une dépense, mais bel et bien comme un investissement », affirme Alain Dufour, directeur général de Mission Design. Plusieurs enquêtes et études de cas montrent que le design permet aux entreprises d’être plus performantes. On trouve par exemple sur le site du Conseil britannique du Design (Design Council) plusieurs publications qui vont dans ce sens. L’enquête Design in Britain 2004-2005 montre ainsi que plus une entreprise investit dans le design, plus elle va augmenter ses bénéfices, la qualité de ses produits, sa productivité et sa croissance, et mieux elle va se démarquer de la concurrence. Sans compter qu’elle va considérablement augmenter sa capacité d’innovation. Selon l’étude, presque 70 % des compagnies qui ont intégré le design dans leur fonctionnement ont lancé un nouveau produit ou service dans les trois dernières années, comparativement à peine 3 % pour celles chez lesquelles le design n’a joué aucun rôle.
Toutefois, pour obtenir ces résultats souvent spectaculaires, il est nécessaire, comme le souligne Julien Serra, chargé de projets en communications pour Mission Design, d’« associer les professionnels du design aux projets le plus tôt possible, en amont ». Il ne s’agit pas seulement de leur confier la tâche de rendre un produit « plus beau ». Il faut les faire participer à la conception même du produit ou d’un projet d’aménagement ! En clair, « le design doit être intégré dans la stratégie globale des entreprises et des pouvoirs publics ». La meilleure façon de démontrer les bienfaits du design est de présenter des exemples concrets. La plupart des sites d’organismes de promotion du design, comme le Conseil britannique du Design ou Mission Design, mettent à la disposition des visiteurs plusieurs études de cas édifiantes qui mettent en lumière les liens existants entre design, innovation et performance économique. Au Québec, la réussite remarquable de la petite cidrerie La Face Cachée de la Pomme (LFCP) est détaillée sur le site d’ActionDesign.info, édité par Mission Design. Les fondateurs de cette jeune entreprise, créée en 2002, ont non seulement restauré leur ancienne ferme et verger familial en faisant appel aux services d’un architecte, d’un designer d’intérieur et d’un architecte paysagiste, mais ils ont aussi retenu les services d’une agence de design graphique pour repenser entièrement l’identité de leur cidre de glace, Neige. Les résultats de l’entreprise parlent d’eux-mêmes. Entre 2002 et 2009, LFCP a multiplié par cinq son chiffre d'affaires, triplé la fréquentation de son site au cours des cinq premières années et fait passer son nombre d’employés de deux à 22 ! D’autres exemples de réussite associée au design ressortent également sur le site d’ActionDesign.info, comme ceux du BIXI à Montréal et à l’international (Londres, Melbourne, Washington, Minneapolis ou Toronto), du Festival de musique électroacoustique Akousma (qui a augmenté ses ventes de 53 % d’une année à l’autre) ou du Marché Adonis (qui a doublé son chiffre d’affaires), pour n’en citer que quelques-uns.
En dehors des entreprises privées, l’utilisation du design constitue désormais un atout majeur pour les villes ou les régions. Outre le bien-être de la population (qui permet de retenir des ressources humaines formant le potentiel intellectuel et artistique des grands centres urbains), le design entraîne une augmentation sensible du tourisme urbain, et donc des revenus d’une ville. Les projets multidisciplinaires tels que la Promenade Samuel-De Champlain à Québec ou le Quartier International à Montréal en sont des exemples marquants. Prenons le projet de quelque 120 millions de dollars visant à réhabiliter 2,5 km de littoral urbain à l’occasion du 400e anniversaire de la ville de Québec. Ce projet aura permis non seulement de rendre le fleuve Saint-Laurent aux Québécois (en 2008, la navette desservant la nouvelle Promenade Samuel-De Champlain a transporté sept fois plus de personnes que prévu), mais aussi de donner une importante visibilité médiatique à la ville de Québec ainsi qu’aux différents acteurs du projet (y compris une quinzaine de prix prestigieux en architecture). Dans le même esprit, on évalue à plus de un milliard de dollars les retombées économiques du projet du Quartier International de Montréal, pour un investissement de 90 millions de dollars.
Pour encourager le recours au design, Mission Design met à la disposition des entreprises une base d’information et un outil de diagnostic (en version béta) sur son site Web. Celles-ci peuvent ainsi consulter des études de cas illustrant les retombées du design sur la performance économique et évaluer ce que donnerait l’intégration du design dans leur mode de fonctionnement. C’est le premier pas, très accessible, pour mieux comprendre l’apport du design et en profiter comme d’autres…
www.missiondesign.org www.ActionDesign.info www.designcouncil.org.uk
Un regard kaléidoscopique sur le design
1. Les Hommes hassidiques d’Outremont portent maintenant des Crocs’s noirs avec leur costume « full » traditionnel. Ah le confort !
2. Voir la ruelle Demers à Montréal c’est comme faire un tour chez Alice au pays des merveilles.
3. Obama’s cupcakes, faits à partir du dessin de la graphiste Shepard Fairy : une déclinaison d’un visuel qui va loin !
4. Un nom et un concept à retenir…CARROT CITY, à travers une vision internationale, présente des projets innovateurs en matière de design et de production alimentaire durable
5. Comment être sexy avec une cicatrice de deux pouces sur deux sur le visage ? C’est ce que réussit la légende vivante du cinéma anglais, Helen Mirren, qui campe une ancienne agente du Mossad dans le thriller The Debt.
6. Une petite qui ira loin....
Ferrari et Abarth ont, depuis les années 1950, souvent collaboré. Cette collaboration donne aujourd’hui naissance à une série spéciale de Fiat 500 : Abarth 695 Tributo Ferrari.
Abarth et Ferrari sont deux grands noms du sport automobile italien. Les deux constructeurs ont déjà collaboré dans le passé pour la création de la Ferrari 166/250 MM Abarth, en 1953. Mais la firme au scorpion, spécialisée dans les échappements, fournit depuis très longtemps le mythique constructeur né à Maranello, en Émilie Romagne.
Commençons par ce Look... Le rouge baptisé « Rosso Scuderia », il fallait évidemment que cette voiture soit de la plus emblématique des couleurs de Ferrari. Les deux compères ne se sont pas arrêtés en si bon chemin, dotant la Fiat 500 de rétroviseurs en carbone, de jantes grises de 17 pouces ainsi que de prises d’air arrière. Rajoutez-y quelques stickers, une double bande sur le toit et le capot, une quadruple sortie d’échappement, et vous obtiendrez une petite bombe ultra originale. Boîte F1 robotisée ...
Pour que cette Fiat 500 soit digne du cheval cabré du logo Ferrari, le tandem Abarth-Ferrari ne pouvait faire l’impasse sur une augmentation de ses performances. C’est ainsi que le moteur, 1.4 Turbo T-Jet, est poussé à 180 chevaux et se voit associé à une boîte manuelle séquentielle de type F1, qui propose des palettes situées derrière le volant. Les autres modifications mécaniques portent sur le freinage, renforcé, ainsi que des amortisseurs spéciaux.
Avec ce modèle, Abarth compte se refaire un nom dans le monde des sportives de luxe. Quant aux amateurs de Ferrari, cette voiture leur permettra de disposer d’une petite citadine pratique, compacte et agile.
À bientôt pour de nouvelles bulles !
Un ashram à Pondychéry, en Inde, un livre sur Sri Aurobindo et une cure de raisin sont à l’origine du village santé que Jocelyna Dubuc a rêvé dans les années 1970. Actualisé au fil des ans, le Spa Eastman est devenu l’une des destinations spa les plus reconnues en Amérique du Nord. Il se distingue des spas-hôtels axés sur l’esthétisme, ou encore des spas européens à tendance médicale. « Nous avons su allier détente, ressourcement et plaisir ; ici rien ne se passe dans la souffrance ! » affirme Jocelyna Dubuc, fière de la spécificité de son établissement.
Aboudi Hassoune, du Studio Abnorm, a effectué des études techniques en architecture au Cégep Saint-Laurent, suivies d'un baccalauréat en design d'intérieur à l'Université de Montréal. Il a ensuite travaillé pour Sid Lee Architecture, IDX et Conceptum international avant de démarrer sa propre entreprise.
*NDLR: Stéphanie Cardinal est brillante, talentueuse, visionnaire en tout et pour tout, mais c’est aussi…une femme élégante, magnifique with lots of sex appeal!!! A ten, nothing less… Elle est grande, avec une taille de guêpe, sa tignasse blonde fort expressive… Quoi?!? Elle a eu 3 enfants?!? qui ont maintenant 14, 10 et 9 ans!?! Cette fille semble avoir 32 ans.
Son père voulait qu’elle étudie l’architecture à l’Université Columbia, elle a préféré Barcelone avec des cours uniques et avant-gardistes, un tronc comprenant philosophie, architecture, histoire, urbanisme et art. C’est là qu’elle s’imprègne (à la vie et à la mort) des idées sur la conception spatiale d’Ignacio de Sola-Morales, Arquitecto, Téorico y gran Maestro sin contestar. C’est là où tous ses sens sont sollicités, par l’espace humain, l’espace public, tout, les ramblas, les cages d’oiseaux, un mélange heureux de privé et public : une ville révolutionnaire.
À Barcelone, elle demeurait au 6ième étage d’un vieux building. Cent pique-niques se sont organisés à la volée dans la cour intérieure, chacun contribuant ceci ou cela. Doit-on s’étonner que son mantra soit l’espace intérieur (et extérieur) et leur corrélation ?
Aurèle Cardinal, of course, Über important Montreal Urban architect, of Groupe Cardinal Hardy. «Really young, I was accompanying him on sites, measuring spaces, tape measure in hand. Tout son savoir au sujet de la relation de l’être humain dans l’espace vient de lui.»
The third generation of Cardinal architects is most probably in the making. Stephanie’s 3 sons, Thomas, Jérémy and Olivier, spend weekends with granddad Aurèle designing and building a variety of tree houses. And Christmas and birthday gifts from him are invariably, you guessed it, construction tools. No wonder all 3 boys easily draw in 3 dimensions.
«People don’t realize how much I am really also my mother’s daughter. My mother is a real spitfire, a music-hall mama. If she was here, she would already have done the split on our conference room table! »
A lot more extroverted than Aurèle, Lyette Noël Cardinal, Stéphanie’s mom has danced with Les Grands Ballets Canadiens, has a BA degree in Art history, has worked at the FNAC, also as a Conservatrice d’art… «She’s an extremely beautiful, energetic and fit woman who inspires me greatly. She gives me the strength to be president of a company, with 3 dynamic (read active!) boys and a husband, 2 cats, Lollipop and Puffy and one dog Kits”. OUF!!!
«Isabelle Cardinal, ma grand-mère paternelle de 97 ans, m’inspire également beaucoup. C’est une femme d’actualité qui a vécu les grands passages de notre époque. Je suis profondément attachée à elle, elle me refile de précieux conseils. Quel plaisir de la voir jouer aux cartes avec mes fils. »
Note to self: good genes lady, lucky you!
Humà design + architecture, c’est son studio de design là où on explore la relation entre l'identité des lieux et la mise en espace.
To sum it up nicely …“Spaces telling stories, des espaces qui racontent une histoire”.
Humà qui veut dire humain en catalan, ancre les fondements de leur pratique.
Des grandes pièces bien éclairées, avec des peintures géantes de Carlito Dalceggio partout, avec comptez les… 12 filles et trois gars, tous jeunes, beaux, talentueux et partageant la philosophie de Stéphanie. La passion des gens, de l’histoire et des lieux. C’est un must!!!
Ps: I love you: We have to say it! We loooooove Carlito Dalceggio’s paintings and drawings which adorn almost all vertical surfaces of the soon-to-be too small offices of Humà design + architecture.
La philosophie de Stéphanie est simple et profonde à la fois. Oui, elle est jeune, mais quelque part, ses maîtres à penser sont des classiques inspirants et elle les a trouvé alors qu’elle était étudiante. Ignatio Morales, Alvaro Siza, avant-gardistes à leur époque et toujours aujourd’hui lui ont communiqué cet amour, ce respect incroyable de l’espace.
Ainsi devant un building et face à tout nouveau projet, elle tente de replonger dans leur histoire, d’en tirer le meilleur et de les aménager pour que les nouveaux habitants y trouvent leur compte. Dans ses plans, elle est constante et se demande toujours, «comment mon œil peut-il relier l’intérieur à l’extérieur ?».
Bien sûr, il y a le Bassin du Havre, l’ex-édifice des Sourds et Muets sur Castelneau et beaucoup d’autres projets, mais son défi actuel, c’est la revitalisation du secteur Chabanel ou «la redéfinition d'un quartier From within». Habituellement associée aux activités commerciales, la rue Chabanel, suscite enfin l’intérêt de promoteurs immobiliers, d’urbanistes et designers. Humà y figure de façon prédominante et y intégrera un projet résidentiel tout en respectant le génie du lieu.
Un de ses projets à l’étape de réalisation se trouve au coin de l’avenue de l’Esplanade. À cet endroit, un immeuble industriel abritant récemment des manufactures de textiles sera converti pour accueillir 197 unités résidentielles. Chabanel avait perdu de son lustre depuis les années 1980, alors qu’il était un pôle économique pour l’industrie de la mode et du vêtement. Mais Dieu merci, le cœur se remet à battre.
Grâce à Stéphanie et son réseau, il y a maintenant le resto Bienville sur Chabanel, (oui oui le même que sur Mentana) qui est ouvert depuis un an et elle parle avec les yeux qui brillent du Gentile refuge incomparable d’Italo Québécois, ouvert depuis des lunes, témoin du passé italien du coin, et qui fait le pont entre le passé et le présent. Cappucino anyone?
How is business at Humà? «Business is VERY good. Nous avons une vocation qui joue sur plusieurs tableaux, l’architecture, le design et ceci semble prendre de plus en plus d'importance dans les valeurs communes aujourd'hui. En fait ce changement est bon... pour la société, pour nous, pour notre business» All right! We love a woman who embraces success. And successful she is. Humà’s staff has doubled in the past year.
La réponse déboule, un cri du cœur! «You send her travelling- you make her eat- you have her watch people- you give her a tape measure- you tell her to go out- to have fun till the wee hours, to sleep…. You tell her to live! Un bon architecte est un être profondément vivant!»
Son chalet du lac Massawippi avec une partie du toit en toit vert (voir page 99 du magazine), ses 18 tubes de mascara surtout son préféré, Lancôme, le chocolat noir Côte d’Or, le rez-de-chaussée d’Ogilvy, parfums, gants, bas, sacs à main et valises…une ambiance sophistiquée, le funk de la rue Saint-Hubert, l’Express…un brin de frivolité et un litre de lumière.
Montreal is sensational! «The 4 seasons… I love that we go crazy in the Spring, that we search for every parcel of sun in the Summer. Do you know that the sun sets really late at the hill near Lac des Castors on Mont Royal? Do you know that dawn is fabulous on the mountain?» Montréal est une ville épatante, tant de cultures, tant de passé, tant d’avenir. Montreal is about real life!
Stephanie Cardinal... part of our heritage… already!